L'Europe est, semble-t-il, très bien conseillée par des personnages comme le professeur danois GØsta Esping-Andersen de l'Université espagnole de Pompeu Fabra, dont nous utilisons ici un document ainsi présenté par lui-même :

« Le présent texte est très largement repris du rapport soumis par l’auteur à la présidence portugaise de l’Union européenne. » (Cette citation et les quatre suivantes sont tirées de "Une santé aux mains du grand capital ? - L'alerte du Médiator", Michel J. Cuny, Editions Paroles Vives 2011, pages 293-294)

Qu'on se le dise, prévient-il :

« L’évolution des technologies, l’intensification de la mondialisation, ainsi que notre faculté d’adaptation, sont des questions centrales en termes de compétitivité, et c’est le secteur tertiaire qui sera déterminant en termes d’emploi. » (Idem, page 294)

Ainsi, c'est bien cruel, car :

« Même s’il apparaît évident que les tendances du marché du travail seront dominées par les services de haut niveau (high-end services), les nouveaux besoins familiaux et l’évolution vers le plein emploi rendent nécessaire le développement d’emplois de bas niveau et de faible productivité dans les services sociaux et les services aux personnes. » (Idem, page 294)

Or, les multinationales ont tout spécialement besoin de conquérir leur place dans le monde à coup de compétences, d'où la nécessité pour nous qui acceptons leur domination, de n'avoir pas froid aux yeux :

« Une économie fondée sur les compétences ne pourra qu’engendrer de nouvelles inégalités, et une économie de plein emploi tertiaire ne fera que renforcer celles-ci. Et si nous ne sommes pas disposés à accepter des "services de bas niveau", il sera alors difficile d’éviter le chômage de masse. » (Idem, page 295) 

C'est à cet endroit que les familles du "bon peuple" de France ont explosé... Voilà. C'est fait. Mais comment cela s'est-il fait ?

En tout cas, c'était pour le bon motif, dirait le professeur GØsta Esping-Andersen qui n'est pas pour rien l'un des conseillers écoutés des autorités de Bruxelles :

« Si l’Europe veut conserver, voire accroître sa position concurrentielle au sein de l’économie mondiale et en même temps s’engager vers le plein emploi, il sera difficile d’éviter l’émergence de nouvelles inégalités. » (Idem, page 295) 

Michel J. Cuny