Tant qu'elle reste le fait du mode capitaliste de production, l'ouverture des frontières ne tend qu'à assurer la croissance du capital productif de plus-value et donc de profit.

"Mais qu'est-ce que la croissance du capital productif ? demande Karl Marx dans "Travail salarié et capital", et il répond aussitôt :
"C'est la croissance de la puissance du travail accumulé sur le travail vivant, c'est la croissance de la domination de la bourgeoisie sur la classe laborieuse."

En permanence, le capital devant lequel s'ouvrent de nouveaux territoires, de nouvelles activités de production, augmente la pression qu'il est en mesure d'exercer sur le présent et sur les perspectives d'avenir : il le fait de tout le poids de la valeur d'échange qu'il a pu accumuler antérieurement et qui se transforme en capital sitôt qu'elle trouve devant elle des matières premières, de l'énergie, des machines diverses et variées, du savoir et des travailleurs(ses) adapté(e)s aux tâches à accomplir sous des formes déjà connues, mais aussi sous des formes nouvelles qui proviennent elles-mêmes d'un travail de recherche antérieur.

En ce sens, le capital se présente comme constamment créateur de comportements de production... En face de lui, le travailleur doit s'adapter en permanence, et au titre de l'ensemble de sa personne. Et si ce n'est pas lui, ce seront ses enfants. Ainsi, tandis qu'il enrichit la sphère du capital, le travail est en permanence remis en question, et d'abord par un abaissement de la valeur d'échange de telle ou telle force de travail, qui doit sauter le pas de l'abandon de certaines de ses pratiques pour se rendre capable de revenir sous les fourches caudines de la production capitaliste dernier cri.

Lisons Karl Marx :
"Lorsque le travail salarié produit la richesse étrangère qui le domine, la force qui lui est hostile, le capital, ses moyens d'occupation, c'est-à-dire ses moyens de subsistance, refluent de celui-ci vers lui à condition qu'il devienne de nouveau une partie du capital, le levier qui imprime de nouveau à celui-ci un mouvement de croissance accéléré."

Tout ceci se produit sur ce terrible fond de l'obtention, pour le travailleur de base, de rien d'autre que la simple survie, puisque, ainsi que le souligne le même auteur :
"Tant que l'ouvrier salarié est ouvrier salarié, son sort dépend du capital. Telle est la commauté d'intérêts tant vantée de l'ouvrier et du capitaliste."