Le 9 janvier 1848, Karl Marx donnait une conférence à Bruxelles qui nous est restée sous le titre "Discours sur le libre-échange".

Nous y lisons, aujourd'hui,  l'Histoire qui s'est développée plus particulièrement dans notre pays depuis le milieu du XXème siècle, pour nous préparer à prendre la place qui nous était assignée dans l'Europe économique, puis dans la mondialisation généralisée :
"L'accroissement du capital productif implique l'accumulation et la concentration des capitaux."

C'est plus particulièrement ce qui a été obtenu en France par l'appui que les pouvoirs publics ont apporté, à travers tous les gouvernements sucessifs, au développement des multinationales.

Parmi les conséquences recherchées, il y avait l'augmentation de la compétitivité, et sa conséquence nécessaire que décrit ici Karl Marx :
"La concentration des capitaux amène une plus grande division du travail et une plus grande application des machines."

Aucun économiste ne peut ignorer que l'essentiel du résultat recherché ne concerne en aucun cas ces opérations techniques elles-mêmes. En réalité, ce sont les effets négatifs que la mise en oeuvre que celles-ci vont avoir, à la fois, sur les conditions de travail et de vie des salariés, qui produiront le supplément de richesses qu'il s'agit d'obtenir dans le prétendu cadre de la seule augmentation technique de la compétitivité. Reprenons le raisonnement de Karl Marx :
"La plus grande division du travail détruit la spécialité du travail, détruit la spécialité du travailleur, et en mettant à la place de cette spécialité un travail que tout le monde peut faire, elle augmente la concurrence entre les ouvriers."

Comme on le voit, l'intérêt d'un économie mondialisée est de permettre aux diverses pyramides salariales qui, dans les divers pays, sont le fruit, à tout moment, de l'histoire économique et sociale, de s'effondrer peu à peu - et selon des cycles différents d'un pays à l'autre - sur leur base, en y évacuant celles et ceux des salarié(e)s qui glissent vers la déqualification professionnelle totale : processus qui, dans les pays les plus pauvres, touchera l'économie agricole de subsistance.

C'est bien cet anus du monde que nous voyons s'exhiber de temps à autre, ici ou là, et qui ne fait qu'apporter sa signature aux beaux discours sur l'amélioration nécessaire de la compétitivité qui, tant que règnera le mode capitaliste de production, ne pourra que se traduire, ici ou là, par le sang et les larmes de la guerre et de la faim.

Michel J. Cuny