Le principe d'écriture des "Entretiens" ne me permettait de mettre, dans la bouche de Karl Marx lors de sa discussion avec Anselme du 24 janvier 1848, que des phrases qui se trouvaient déjà dans les documents écrits antérieurement à cette date : livres, articles de presse, lettres, etc.

Du côté des textes de plus grande importance, nous trouvons ainsi : les Manuscrits de 1844, L'Idéologie allemande, les Thèses sur Feuerbach, la Sainte Famille, Misère de la philosophie, le Discours sur le libre-échange, le Manifeste du parti communiste. Comme on le voit : c'est déjà considérable. Or, en croisant ces différentes sources dans un seul entretien, nous entrons pour quelques minutes dans l'ensemble des préoccu-pations qui étaient, à ce moment-là, celles de Karl Marx. C'est alors que nous mesurons, à la fois, la force de sa pensée et la souplesse de la dialectique qu'il utilise et qu'il fait vivre devant nous.

Mais la présence d'Anselme permet également de constater qu'en essayant de nous hisser au niveau de Karl Marx, nous pouvons nous-mêmes nous trouver transformé(e)s, et atteindre une autonomie de pensée qui fait de nous de vrai(e)s partenaires capables, non seulement, de faire face à un discours individualisé, mais de le relancer, de le préciser ou de l'interpeller.

Et, cependant, nous ne sommes pas Anselme... Il nous protège d'avoir nous-mêmes à intervenir. Nous sommes donc des observateurs, des observatrices. Mais nous n'en sommes pas moins directement impliqué(e)s dans ce que Karl Marx et lui-même disent, pour autant que nous avons nous aussi, justement, le souci de cette question lancinante que pose l'exploitation de l'être humain par l'être humain en cette année 2013 encore... et devant les décennies qui viennent.

Cette discussion ne cesse finalement pas de nous parler d'aujourd'hui : La gestion étatique du paupérisme